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Si bleu qu'est notre temps

Andréanne Godin

Exposition

La forêt n’a jamais autant été invoquée que maintenant. De refuge convoité par les gens de la ville en mal d’air, elle est le sujet de reportages la découvrant de par le monde ou célébrant l’essence de ses arbres(1). Nommer autrement cette ressource qui se fait exploiter, puis tant bien que mal protéger, s’impose désormais. Pour d’autres, de traditions non-occidentales, qui en font leur milieu de vie, les forêts sont dotées d’une capacité de penser(2).

Dans les souvenirs d’enfance d’Andréanne Godin, la forêt se meut en espace psychique que sa pratique artistique revisite sensiblement; la présente exposition en est l’expression aboutie offerte en partage. Sur mesure déployée pour deux des salles d’AXENÉO7, l’installation propose une déambulation nocturne dans une forêt composite, née de fragments glanés par l’artiste en résidence dans le Vermont et en Finlande puis dans son Abitibi natal. La vie comme la mort rôdent dans ce paysage inventé dont l’expérience concrète s’évapore dans un continuum d’impressions suggérées par les pigments de majestueux dessins, en bleu de Prusse et en brun Van Dyck. Alors que des lumières rehaussent subtilement les nuances chromatiques, chacun des pas se fait l’écho d’une quête existentielle aux repères (in)discernables.

— Marie-Ève Charron, commissaire

Notes :
1. « Essences d’arbre » et « Forêts intérieures » sont des séries de reportages, publiées par le quotidien montréalais *Le Devoir* au cours de l’été 2020, mettant la forêt à l’honneur.
2. Eduardo Kohn, *Comment pensent les forêts. Vers une anthropologie au-delà de l’humain*, Bruxelles, Zones sensibles, 2017.

Enfant, Andréanne Godin (1984) avait l’habitude de parcourir les sentiers de la forêt boréale au bout de sa rue. Originaire de Val-d’Or (QC), elle vit et travaille maintenant à Montréal. En 2013, elle obtenait une maîtrise en arts visuels de l’Université Concordia et était nommée, par la commissaire Nicole Gingras, récipiendaire du prix Charles Pachter pour les artistes émergents de la Fondation Hnatyshyn. Godin a récemment pris part à plusieurs programmes de résidences d’artistes au Canada et à l’étranger. Elle a occupé le Studio du Québec en Finlande (2019) et en Suisse (2017), puis était la première artiste québécoise à être accueillie par la Josef & Anni Albers Foundation, Connecticut (2016). Depuis 2012, les conseils des arts provincial et fédéral ont soutenu ses recherches à plusieurs reprises. Au cours de la dernière décennie, son travail a été présenté au Canada, en Suisse, en Belgique, aux États-Unis, à Cuba et en France. L’artiste est représentée par la Galerie Nicolas Robert.

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Marie-Ève Charron est critique d’art pour le quotidien Le Devoir et commissaire indépendante. En duo avec sa jumelle Isabelle, elle a été en 2018 commissaire de la 6e édition de Orange, l’événement d’art actuel de Saint-Hyacinthe. Elle a fait paraître en 2019, les ouvrages collectifs Archi-féministes! (Optica, avec Marie-Josée Lafortune et Thérèse St-Gelais) et Le désordre des choses. L’art et l’épreuve du politique (Les éditions esse, avec Thérèse St-Gelais), ainsi qu’une monographie sur le travail de Kim Waldron (Galerie Thomas Henry Ross art contemporain). Ces publications sont les suites d’expositions dont elle a également été commissaire. Elle enseigne l’histoire de l’art au Cégep de Saint-Hyacinthe et comme chargée de cours au Département d’histoire de l’art de l’Université du Québec à Montréal.

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