2000 | TERREURS INTIMES : Christine Major

EXPOSITION DU 29 OCTOBRE AU 17 DÉCEMBRE

Est-il encore possible de faire de la peinture ? Peut-on encore traquer ce mode de fabrication des images en de nouveaux retranchements ? Alors que la photographie et maintenant l’image digitalisée multiplient et facilitent le délire visuel, qu’en est-il de la peinture et de sa persistance à vouloir toujours faire sens ? Et comme femme, prise à témoin de la longue tradition de la peinture, de son regard porté et de la façon de traiter le sujet, comment aborder justement cette question du sujet, du quoi peindre?

C’est à la confluence de ces interrogations que Christine Major persiste à faire de la peinture, et de la bonne peinture. Peinture consciente d’elle-même, de son développement et de son dernier avatar moderne, qui, au nom de son auto-référentialité s’est laissé dire comme morte, réduite à strictement être bidimensionnelle, à ne plus représentée. Paradoxalement c’est par des modes de représentation, tant de l’image infographique et de son léger trouble que de l’aplati de champ de la photographie, que Chistine Major aborde ces différents problèmes. Multipliant la présence simultanée et à différents degrés de ces différents codes, elle court-circuite la lisibilté, la laisse en haleine, comme suspendue. L’artiste opère ainsi différents glissements, que ce soit par le galvaudage des plans afin de toujours ré-affirmer la surface, par l’introduction de motif pictural dont le traitement se jouxte de différentes manières de marquer la surface et donc de découdre le regard qui cherche à construire l’entité. Et tous les genres y passent: le paysage, le portrait, la nature morte et la manière de l’abstraction.

Les terreurs (et les maintes propositions d’exaucement) de Christine Major se présente ici sous la forme du tryptique. Chacune des parties du regroupement porte son originalité et sa portion du problème; mais une certaine résolution ne se trouve que dans le va-et-vient entre les parties. Fort de tout cela le bel enjeu tient pourtant à la nature féminine de la démarche: parce qu’il y a de la jouissance dans ce débordement de couleur, un plaisir évident à se prendre au jeu du motif, une façon d’apposer la touche et la suggestion d’un frottement sur la toile qui ne peut-être que du chatoiement.

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