1999 | UNE DATE, LE NOM D’UN LIEU ET L’HEURE DU RENDEZ-VOUS : Claire Savoie

EXPOSITION DU 7 NOVEMBRE AU 12 DÉCEMBRE

Mon entreprise artistique se veut une tentative de représenter l’immédiateté incessante du temps et la précarité de l’identité avec des matériaux qui lui correspondent.

Ainsi l’installation, la vidéo, le son, la matière par le fait qu’ils accomplissent le temps et n’existent qu’en lui, sont ici utilisés pour re-donner la perception comme un ensemble des composantes de la subjectivité dans sa nature instable et fuyante. Ce projet s’inscrit dans ma démarche comme une réflexion sur les espaces de la subjectivité, sur ce qui nomme le je. La recherche relève d’une tentative pour définir l’instance du corps et de l’identité dans la définition instable des objets et dans le rapport absurde qu’entretient le langage, et ce qu’il essaie de nommer : la réalité.

L’ensemble du travail porte sur le rapport du visible au non-visible ; sur la production et sur la persistance des images en dehors du palpable, du réel. Ce qui m’intéresse ici est ce que l’esprit invente pour former, voire fermer son identité ; ce qui à travers les associations multiples d’éléments, gère l’infinie capacité du sens.

La voix, la parole et le texte sont des composantes importantes du travail, mais on peut y retrouver aussi des sons qui rappellent certains objets. Le matériel sonore est à partir de lieux, d’objets et d’individus spécifiques et à partir de matériel préenregistré. La voix humaine et ce qu’elle transporte est utilisée ici comme corps physique dans l’espace au même titre que les objets, sa nature sculpturale étant exploitée en fonction des matériaux utilisés pour lui donner corps (l’acoustique). Il s’agit d’inviter le visiteur à prendre connaissance des divers points de vue possibles de l’entendre vers le voir et vice-versa.

Les mots exercent sur moi une fascination inépuisable. Je puise la plupart de mes idées dans le langage et la parole, comme s’il fallait d’une part leur rendre leur matérialité, de l’autre en faire ressurgir la signification comme des impulsions dans l’espace littéral. Depuis la poésie concrète ou/et sonore, nombreux sont les artistes qui ont exploré les particularités du langage et de son mouvement dans l’espace. Ce projet est en partie motivé par le désir de concrétiser certains rêves comparables à ceux de Stéphane Mallarmé, de M. Broodthaers, R. Racine, etc. : Faire parler l’espace au sens propre du mot.

Claire Savoie

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