POINTS DE VUE | LA GALERIE UQO EN COLLABORATION AVEC AXENÉO7

 
 

POINTS DE VUE

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La Galerie UQO propose, en collaboration avec AXENÉO7, une série d’activités conviant les artistes du projet À perte de vue / Endless Landscape et des conférenciers invités à réfléchir et dialoguer sur les enjeux soulevés par la production et la présentation d’oeuvres monumentales dans la Fonderie.
 
La programmation de Points de vue s’amorce par deux Soirées discussions, où les dix artistes participant au projet – Cedric Bomford, Jim Bomford, Nathan Bomford, Michel de Broin, Alexandre David, Noémie Lafrance, Nadia Myre, Graeme Patterson, Dominique Pétrin et Samuel Roy-Bois – et les deux modérateurs invités – Geneviève Saulnier et Stefan St-Laurent – sont invités à converser sur les enjeux au coeur de leurs projets artistiques. Quatre Soirées conférences se déroulant en été seront animées par des artistes, chercheurs, conservateurs et spécialistes – Louise N. Boucher, Steven Loft, Suzanne Paquet, Jonathan Shaughnessy, Ryan Stec, Justin Wonnacott, Jakub Zdebik – qui donneront tour à tour leurs différents points de vue sur le projet. La mise en commun de leurs réflexions aboutira à une analyse globale tout en dégageant plusieurs pistes de réflexion.
 
La Galerie UQO propose et soutient des projets de recherche et de création reliés aux problématiques actuelles des arts contemporains et de la muséologie. Favorisant des rapprochements entre divers champs de recherches, elle participe à l’avancement des connaissances et à la production de dispositifs innovants de diffusion des savoirs. À la fois ancrée dans son milieu et témoin des enjeux sociaux, politiques et esthétiques de la création, la Galerie UQO contribue activement au dialogue qu’entretient l’art avec son contexte de production et d’exposition.
 
 
SOIRÉES DISCUSSIONS
 
Les Soirées discussions proposent des conversations éclairées entre les artistes participant au projet et les deux modérateurs invités, Stefan St-Laurent, directeur du centre d’artistes AXENÉO7, et Geneviève Saulnier, restauratrice d’art contemporain au Musée des Beaux-arts du Canada (MBAC). Lors des deux soirées, il est prévu de faire largement place aux questionnements, tant sur la pratique des artistes, que sur la production de leurs oeuvres dans la Fonderie.
 
 
Mercredi 14 juin 2017 à 18h |
Soirée discussions avec les artistes Cedric Bomford, Jim Bomford, Nathan Bomford, Michel de Broin, Graeme Patterson, Dominique Pétrin et le modérateur Stefan St-Laurent
À AXENÉO7, 80 rue Hanson, Gatineau
 
Quels sont les nouveaux défis et les possibilités qui s’offrent aujourd’hui aux artistes oeuvrant dans l’univers toujours changeant des arts visuels ? Avec l’émergence des nouvelles technologies et la convergence des disciplines, comment les artistes font-ils pour entretenir leur pratique en arts visuels à l’ère de l’interdisciplinarité ? Beaucoup d’artistes sélectionnés pour le projet À perte de vue / Endless Landscape ont une pratique pluridisciplinaire mêlant l’architecture, le design et la performance. En tant qu’artistes visuels, comment imaginent-ils l’avenir de leur pratique ? Les silos disciplinaires se sont-ils dissous au point de faire place à une approche véritablement transdisciplinaire des arts visuels ? Les artistes invités partageront chacun leur point de vue sur l’évolution de leur pratique dans le contexte d’un univers artistique en constante mutation.
 
Stefan St-Laurent
Stefan St-Laurent, artiste et commissaire, est né à Moncton au Nouveau-Brunswick et vit et travaille à Gatineau au Québec. Il a été commissaire invité du Symposium international d’art contemporain de Baie-Saint-Paul en 2010 et 2011. De 2002 à 2011, il était commissaire de la Galerie SAW Gallery, et depuis 2010, professeur auxiliaire du Département des arts visuels de l’Université d’Ottawa. Ses oeuvres ont été présentées au Centre national de la photographie à Paris, à Edsvik Konst och Kultur en Sollentuna en Suède, à YYZ à Toronto, à Western Front à Vancouver et à la Art Gallery of Nova Scotia. Il a été commissaire et programmateur pour de nombreux organismes et festivals, dont le Lux Centre à Londres, la Cinémathèque québécoise à Montréal, le Festival international du cinéma francophone en Acadie à Moncton, Les rencontres internationales Vidéo Arts Plastiques en Basse-Normandie, ainsi que Pleasure Dome, le Images Festival of Independent Film & Video et Vtape à Toronto. Il est présentement directeur du centre d’artistes AXENÉO7 à Gatineau.
 
 
Mercredi 21 juin 2017 à 18h |
Soirée discussions avec les artistes, Alexandre David, Noémie Lafrance, Samuel Roy-Bois et la modératrice Geneviève Saulnier
À AXENÉO7, 80 rue Hanson, Gatineau
 
À l’image de l’histoire de la Fonderie, le concept d’industrie dans l’art est mis en cause, en faisant référence directement aux oeuvres produites pour l’exposition et au corpus des artistes présents. En ce sens, il sera question de l’engouement du milieu de l’art — tant l’artiste que l’institution — pour les lieux industriels, tout en orientant la discussion vers les contraintes architecturales, artistiques et techniques auxquelles les artistes font face. À l’inverse des diverses vocations de la Fonderie depuis sa construction, cette exposition est temporaire. En tant que restauratrice, Saulnier place la durée de vie des oeuvres au coeur de sa pratique. Or, pour l’exposition, certains artistes ont créé des oeuvres qui sont, à la fois physiquement et sémantiquement, directement liées au lieu. Leur pérennité est alors intrinsèquement mise en doute.
 
Geneviève Saulnier
Geneviève Saulnier est restauratrice d’art contemporain au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC). Elle détient un B.A. de l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et un certificat en chimie de l’Université Concordia. Elle complète en 2003 une maîtrise en restauration de la peinture à l’Université Queen’s, suite à laquelle elle développe son domaine d’expertise comme restauratrice d’art contemporain spécialisée en peinture, sculpture, dessin, photo, art numérique et installation au sein de l’Institut canadien de conservation (ICC-CCI), du MBAC et du Centre de conservation du Québec (CCQ). Elle s’est jointe au MBAC en 2004 et s’investit depuis dans de nombreux projets et divers organismes locaux ou internationaux dont le DOCAM, l’American Institute for Conservation (AIC), l’Association canadienne pour la conservation et la restauration (ACCR-CAC), Galerie SAW Gallery, l’Université d’Ottawa et AXENÉO7.
 
 
 
SOIRÉES CONFÉRENCES
 
Les Soirées conférences proposent des dialogues entre des intervenants et des chercheurs du milieu artistique dont les approches singulières permettront de mettre en lumière plusieurs enjeux soulevés par le projet À perte de vue / Endless Landscape. Lors des quatre soirées, il sera question notamment de patrimoine industriel, d’art public et d’espace public, d’atmosphère du lieu d’exposition, de photographie, de muséalisation d’oeuvres monumentales et de l’affirmation autochtone par l’art.
 
 
Mercredi 19 juillet 2017 à 18h |
Soirée conférences avec Louise N. Boucher
À AXENÉO7, 80 rue Hanson, Gatineau
 
Le patrimoine industriel de la région Gatineau-Ottawa est le substrat de création de divers artistes, d’hier à aujourd’hui. Depuis des décennies, des endroits tels que la Fonderie ou la Filature sont des modèles évocateurs. Il en résulte d’éminentes oeuvres iconographiques. D’autres sont intégrées çà et là à ces bâtiments patrimoniaux à titre d’oeuvres d’art public. Louise N. Boucher, professeure à l’Université d’Ottawa et spécialisée en histoire culturelle, propose une présentation à la fois rétrospective et prospective de l’histoire de ces lieux par le biais de l’art.
 
Art et industrialisation à Hull : points de vue historiques
L’histoire industrielle de la ville de Gatineau compte plusieurs lieux phares tels que la Filature, la Fonderie et les chutes des Chaudières et la contribution historique d’artistes en arts visuels à l’évocation de ces hauts lieux patrimoniaux mérite d’être mieux connue. En effet, les oeuvres iconographiques des siècles derniers sont révélatrices, tant par leur magnificence que par leur valeur documentaire, d’une vie communautaire aussi émouvante qu’héroïque. Les Krieghoff, Bainbrigge, Bouchette, Julien, Fabien et bien d’autres ont transmis un legs riche en paysages et en infrastructures. La population ouvrière et entrepreneuriale qui anime leurs oeuvres révèle de façon originale et colorée d’inestimables pans des origines de la région.
 
Louise N. Boucher
Louise N. Boucher enseigne à l’Université d’Ottawa depuis 2008 et est l’auteure d’une thèse de doctorat sur le secteur des Chaudières. Elle a oeuvré pendant 18 ans au Musée canadien de l’histoire en contribuant à différents projets primés, dont un Grand prix du tourisme québécois. Elle est récipiendaire d’un Flamand littéraire de l’AAAO pour l’une de ses publications, et a également reçu un certificat d’honneur de la ville de Gatineau pour sa mise en valeur exceptionnelle de la chute des Chaudières. Elle donne régulièrement des conférences, abondamment illustrées, à l’échelle régionale et internationale.
 
 
Mercredi 26 juillet 2017 à 18h |
Soirée conférences avec Jakub Zdebik et Ryan Stec
À AXENÉO7, 80 rue Hanson, Gatineau
 
La Fonderie, bâtiment imposant de 5 390 mètres carrés datant de 1913 qui témoigne des mutations industrielles et de l’ère des manufactures, joue un rôle de premier plan dans le cadre du projet À perte de vue / Endless Landscape. De son lien historique avec l’industrie de la transformation et de la fabrication à son actuelle fonction de centre d’art contemporain, en passant par sa conversion en complexe sportif, ce lieu aux multiples fonctions reflète l’évolution économique, sociale et culturelle de la région de l’Outaouais. Construit majoritairement en verre, la chaleur durant la saison estivale y est accablante. À l’inverse des musées et des galeries, l’espace de diffusion est dépourvu de système de climatisation. Jakub Zdebik, professeur adjoint en histoire de l’art à l’Université d’Ottawa, offre une présentation qui interroge l’art et l’air, voire l’esthétique atmosphérique du lieu d’exposition. Pour sa part, l’artiste et chercheur Ryan Stec témoigne de la création de l’espace public par l’art et engage des pistes de réflexion sur la présence d’oeuvres à grande échelle dans ce bâtiment postindustriel en constante transformation.
 
L’esthétique atmosphérique
L’espace d’exposition est un récipient d’art isolé et isolant. Coupées du dehors, délimitées par des murs, les oeuvres d’art qui y sont exposées sont imprégnées d’une atmosphère palpable. Quel est le lien entre l’atmosphère, l’isolation et l’exposition ? Une île atmosphérique, telle qu’une serre ou une capsule spatiale, peut servir de modèle pour l’exploration de la relation entre l’art et l’air. D’après le philosophe allemand Peter Sloterdijk, la naissance du modernisme coïncide avec l’attaque au gaz à Ypres en 1915. L’atmosphère est désormais contaminée, suspecte et menaçante. De cette attaque au gaz à la quasi-asphyxie de Dali à l’intérieur d’un scaphandre, Sloterdijk traces les liens entre la menace invisible provenant de l’atmosphère jusqu’aux airs cultivés des artistes de l’avant-garde. À travers ses écrits sur l’air toxique, ses concepts de l’île atmosphérique et sa notion de formalisation esthétique de la météo, Zdebik va explorer l’espace d’exposition comme un réseau d’art relié par un air tangible.
 
Jakub Zdebik
Jakub Zdebik est professeur adjoint en histoire de l’art au département d’arts visuels à l’Université d’Ottawa. Il a complété un doctorat au Centre for the Study of Theory and Criticism. Il a publié dans les pages de RACAR, The Brock Review, The Semiotic Review of Books, English Studies in Canada et Deleuze Studies et publie Deleuze and the Diagram : Aesthetic Threads in Visual Organization au Continuum Press. Récemment, il était commissaire de l’exposition Art as Information : Maps, Plans and Diagrams au Kennedy Museum of Art en Ohio.
 
 
L’art et la fabrication de l’espace public
L’espace public est une invention moderne. Né en pleine crise de la vie moderne à la fin du vingtième siècle, il a joué le rôle d’outil conceptuel dans la lutte pour le maintien des lieux que nous partageons dans la ville. L’expression espace public en est venue à désigner le monde ordinaire menacé par la planification moderne, en même temps qu’elle renvoie désormais à une liste de plus en plus longue d’espaces communs partagés qui ont été effacés, rasés, réduits en cendres, vendus, clôturés, remplacés et reconstruits. De l’avis général, l’espace public est moribond, mais malgré ce triste état des choses, les artistes ont poursuivi leurs efforts pour nous rassembler dans toutes sortes de lieux. Néanmoins, les artistes (et le meilleur de leurs productions) ne créent pas dans l’idée de nous réunir dans une sorte de zone consensuelle homogène – ce rassemblement-là représente bien plus un marché démographique ou un marché cible qu’un public. Le ralliement que permet l’ambiguïté de l’oeuvre d’art est d’un genre qui est plein de tension et de complexité, d’une nature telle que la dimension publique de l’espace y prend réellement vie. À l’évidence, un bâtiment public postindustriel en perpétuelle transformation comme la Fonderie, qui regorge d’oeuvres de formats considérables, n’est pas une tentative nostalgique de renouer avec l’idéal moderne de l’espace public. Mais par les temps difficiles et complexes qui courent, c’est peut-être exactement le genre d’espace public qu’il nous faut.
 
Ryan Stec
Ryan Stec est un artiste, éducateur, producteur et designer qui mène des activités de recherche et de production. Fortement intéressé par le croisement de la technologie, la créativité et l’environnement, son travail récent porte sur des interventions qui redéfinissent notre manière d’expérimenter la ville autour de nous. Étroitement impliqué dans la culture des centres d’artistes autogérés d’Ottawa depuis 1998, il occupe depuis 2005 le poste de directeur artistique d’Artengine, un centre artistique de création et de recherche en art situé au coeur de la capitale. Il est actuellement candidat au doctorat en architecture à l’Université Carleton où il mène des recherches sur le potentiel politique des interventions éphémères en art et en design dans l’espace public.
 
 
Mercredi 9 août 2017 à 18h |
Soirée conférence avec Suzanne Paquet et Justin Wonnacott
À AXENÉO7, 80 rue Hanson, Gatineau
 
À perte de vue / Endless Landscape propose des oeuvres au déploiement monumental, qui s’apparentent à de l’art public et semblent résulter d’une transposition de l’extérieur vers l’intérieur – ex-situ à in situ. Ces oeuvres sont à la fois pérennes, éphémères et furtives. Elles n’habitent la Fonderie que pour deux mois et s’opposent considérablement aux oeuvres publiques qui habituellement perdurent dans le temps et dans l’espace. En ce sens, l’utilisation de l’image devient impérative pour la documentation, voire la mémoire de ces oeuvres momentanées. Suzanne Paquet, professeure au Département d’histoire de l’art et d’études cinématograhiques de l’Université de Montréal, et l’artiste Justin Wonnacott offrent parallèlement des présentations sur les effets spatio-temporels de la photographie observés dans différents genres de manifestations publiques, dans des approches théoriques et pratiques.
 
Art et sites : l’art public, l’art urbain, entre emplacement et déplacement
À travers l’étude de quelques oeuvres d’art publiques de deux types, comprenant, d’une part, l’art public plus traditionnel — un art généralement monumental et de commande, pérenne et exposé dans le domaine public — et, d’autre part, les interventions éphémères qualifiées d’« art furtif » ou de « micro-interventions », accomplies de façon souvent clandestine sur la voie publique, Suzanne Paquet examinera les chaînes sociotechniques formées par l’interaction des oeuvres, des artistes et des amateurs mettant en circulation, sur le web, des photographies des oeuvres. Ce phénomène d’intense propagation des images à travers des sphères et des espaces publics désormais communicants force-t-il à repenser les régimes spatio-temporels des oeuvres d’art et à prendre en compte l’action réelle des publics de l’art contemporain ?
 
Suzanne Paquet
Suzanne Paquet est professeure au Département d’histoire de l’art et d’études cinématographiques de l’Université de Montréal (UdeM). Ses principaux domaines d’enseignement et de recherche sont les études photographiques et la sociologie de l’art ; elle s’intéresse également aux arts de l’espace : land art et art public notamment. Ses textes ont été publiés dans différents ouvrages collectifs et dans des revues scientifiques et spécialisées. Récemment, elle dirigeait les ouvrages La part artistique de l’habiter : perspectives contemporaines, avec Olivier Lazzarotti et Guy Mercier (2017), Errances photographiques. Mobilité et intermédialité (2014), Le Paysage entre art et politique avec Guy Mercier (2013), de même que le numéro spécial « cyber/espace/public » (2013) de la revue CV Ciel Variable.
 
 
Entièrement conforme au plan : photographies d’art public de Gatineau et Ottawa
Wonnacott discutera de son exposition de photographies d’art public présentée actuellement, ainsi que de la manière dont il la perçoit en tant qu’oeuvre créative. Il traitera brièvement de divers enjeux, notamment les pressions politiques qui pèsent en permanence sur l’art public et sa création, l’impossibilité de ré-investir culturellement le même site étant donné que la lecture des oeuvres change avec le temps, et certaines décisions qu’il prend lors de la réalisation de ses photographies.
 
Justin Wonnacott
Justin Wonnacott est né en 1950 et s’est installé à Ottawa en 1974. Parallèlement à ses activités de photographe, il consacre une partie de son temps à enseigner et à écrire sur son sujet. Habitué des projets photographiques de longue haleine, son expertise s’étend aussi bien à la nature morte et au paysage qu’à la photographie de rue et aux images d’art public. Ses portfolios sont accompagnés de publications. Son travail a largement été exposé à travers le Canada et les institutions nationales, provinciales et municipales sont nombreuses à collectionner ses oeuvres. En 2005, il a reçu le Prix Karsh et, en 2009, il a été nommé membre de l’Académie royale des arts du Canada.
 
 
Mercredi 16 août 2017 à 18h |
Soirée conférences avec Jonathan Saughnessy et Steven Loft
À AXENÉO7, 80 rue Hanson, Gatineau
 
Les oeuvres et les interventions proposées dans À perte de vue / Endless Landscape sont multiples. Formellement et méthodiquement, elles sont considérées comme de l’art public ; elles sont tangibles et monumentales dans certains cas, intangibles et performatives dans d’autres cas. Quoi qu’il en soit, elles sont provisoires et produites pour ce projet temporaire. Les créations soulèvent des contraintes quant aux fonctions muséales liées à l’acquisition, à la conservation et à la présentation, et impliquent aussi plusieurs considérations quant à la muséalisation de celles-ci. Jonathan Shaughnessy, conservateur en art contemporain au Musée des beaux-arts du Canada (MBAC), questionne concrètement ce genre de productions contemporaines, et plus spécifiquement, l’acquisition de celles-ci. De part et d’autre, le projet joue un rôle crucial dans la résurgence de l’affirmation des peuples autochtones, proclamant ainsi leur présence. Steven Loft, directeur du programme Création de connaissances et de partage : les arts et les cultures des Premières nations, des Inuits et des Métis au Conseil des Arts du Canada, avance plusieurs théories en survolant les pratiques artistiques, afin de démontrer de façon théorique la manifestation des droits sociaux, politiques et culturels des autochtones.
 
Difficiles à collectionner ? Les oeuvres in situ et autres installations dans l’art contemporain
Dans cet exposé, Jonathan Shaghnessy évoquera son expérience de travail avec des artistes contemporains dont les productions excèdent les limites des formats traditionnels de l’oeuvre d’art et de l’espace muséal. Une institution nationale peut-elle et doit-elle collectionner de telles pièces? Quelles sont la nature et l’histoire de ce type de production au Canada et dans le monde? Dans quelle mesure remet-elle en question l’ontologie de l’oeuvre d’art et/ou est-ce une question toujours pertinente? Enfin, les projets in situ de grande envergure vont-ils à l’encontre des objectifs et des mandats des collections “permanentes” d’oeuvres d’art?
 
Jonathan Shaughnessy
Jonathan Shaughnessy est un commissaire basé à Ottawa. Il exerce depuis 2005 les fonctions de conservateur adjoint d’art contemporain au Musée des beaux-arts du Canada, où il a dirigé la présentation des expositions Carsten Höller: Trois expositions (2007); Louise Bourgeois 1911-2010 (2011-12); Les bâtisseurs. La biennale canadienne 2012 (2012-13); et Vera Frenkel: Ways of Telling (au MoCCA, aujourd’hui MoCA, Toronto, 2014). Il a publié de nombreux essais sur l’oeuvre d’artistes canadiens et internationaux. Il assure présentement le commissariat de la Biennale canadienne 2017 au Musée des beaux-arts du Canada, qui débutera en octobre 2017. Shaughnessy est professeur auxiliaire au Département d’arts visuels de l’Université d’Ottawa et candidat au doctorat à l’ICSLAC (Institute of Comparative Studies in Literature, Arts and Culture), à l’Université Carleton. Ses sujets de recherche portent sur l’art contemporain canadien et international, sur sa production et sa collection par les institutions en relation avec les problèmes posés par la mondialisation, le transnationalisme et la diaspora.
 
 
L’art autochtone affirme la présence, la résistance et la souveraineté autochtones au sein des structures et des dispositifs d’encadrement coloniaux
Alors qu’en tant qu’État-nation, nous réévaluons aujourd’hui le lieu et l’espace de la souveraineté autochtone, quelle est la place du discours sur l’art autochtone dans le paysage mouvant de la conciliation et la décolonisation? Si nous acceptons l’idée que l’espace colonial est à la fois mutable et immuable – c’est-à-dire que sa construction présuppose sa supériorité en même temps que cette notion se voit inévitablement renversée par la réalité – alors nous devons considérer que nous sommes tous des agents soit de l’immobilisme soit du changement. Pour toute forme d’agentivité politique, sociale ou culturelle remettant en cause le statu quo, il y aura toujours les forces concurrentes de l’enracinement /du privilège colonial, de la paranoïa d’opposition ou, simplement, de l’inertie. Comme le remarque Glen Coulthard, universitaire issu du peuple déné, « une véritable décolonisation doit s’attaquer aux problèmes en portant directement son attention au-delà des simples relations économiques; elle doit rendre compte des multiples façons dont le capitalisme, le patriarcat, la suprématie blanche et le caractère totalitaire du pouvoir étatique interagissent pour former la constellation de relations de pouvoir qui fonde les modèles coloniaux de comportements, de structures et de relations. » Dans nos communautés, dans ce pays et partout dans le monde, les peuples autochtones continuent à affirmer leurs droits sociaux, politiques, culturels et ancestraux. L’art et la culture sous toutes ses formes ont joué et jouent encore un rôle crucial dans cette renaissance. J’examinerai le concept d’art autochtone créé pour proclamer la présence, la résistance et la souveraineté autochtones au sein des structures et des dispositifs d’encadrement coloniaux.
 
Steven Loft
Steven Loft est un Mohawk de la bande des Six-Nations d’origine juive. Il est actuellement directeur du Programme du Conseil des Arts du Canada, Créer, connaître et partager: Arts et cultures des Premières Nations, des Inuits et des Métis. Commissaire, universitaire, écrivain et artiste en arts médiatiques, il a été Lauréat de la Fondation Trudeau à l’Université Ryerson à Toronto en 2010. Il a également occupé le poste de conservateur en résidence pour les arts indigènes au Musée des beaux-arts du Canada, de directeur du centre Urban Shaman (Winnipeg), conservateur au Département des Premières nations du Musée des beaux-arts de Hamilton et de producteur et directeur artistique de la Native Indian/Inuit Photographers’ Association (Hamilton). Commissaire de nombreuses expositions collectives et individuelles à travers le Canada et dans le monde, Loft a abondamment écrit sur l’art autochtone dans des revues, des catalogues et des livres d’art et donné des conférences partout au Canada et à l’étranger. Il a codirigé la rédaction des livres Transference, Technology, Tradition: Aboriginal Media and New Media Art (Banff Centre Press, 2005) et Coded Territories: Indigenous Pathways in New Media (University of Calgary Press, 2014).
 
 
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