PASSÉE — KOSISOCHUKWU NNEBE

 

I WANT YOU TO KNOW THAT I AM HIDING SOMETHING FROM YOU / SINCE WHAT I MIGHT BE IS UNCONTAINABLE : KOSISOCHUKWU NNEBE

 

EXPOSITION DU 16 JANVIER AU 23 FÉVRIER 2019

RÉCEPTION D’OUVERTURE LE MERCREDI 16 JANVIER À 19H

 

 

Kosisochukwu Nnebe
I want you to know that I am hiding something from you / since what I might be is uncontainable

 

Soucieuse de la phénoménologie, ainsi que de la perception du corps, l’artiste Kosisochukwu Nnebe examine comment nous nous percevons les uns et les autres. Dans quelles mesures pouvons-nous nous connaître réellement ? Comment s’inscrit la race dans l’acte de percevoir un autre corps que le nôtre ?

À travers ce nouveau corpus, Nnebe explore la notion opposée d’invisibilité et ce qu’elle décrit en tant qu’« hypervisibilité ». Elle s’inspire des écrits du philosophe martiniquais, Édouard Glissant, dont le concept d’« opacité » offre une alternative à l’identité, à la visibilité, de même qu’à la représentation. Le travail de Nnebe use de l’opacité comme un moyen de revendiquer une structure sociale ; raciale. Elle considère la politique de refus de Glissant et propose un « refuge » pour le corps en refusant d’être pleinement vue ; figée ou « racialisée » d’une manière particulière.

L’engagement de Nnebe avec la phénoménologie et la perception du corps s’avère peut-être plus évident dans l’installation I want you to know that I am hiding something from you (2018). Pour cette pièce, le corps de l’artiste est reconfiguré sous la forme d’Anansi ; la figure de l’araignée. Dans ce jeu de « cache-cache », Nnebe espère amener le visiteur à trouver un moment d’hésitation et à réfléchir comment nous per-cevons et interprétons le corps « racialisé ».

Ce qui ne peut être ni confiné ni contrôlé, et sans limites, est exploré dans Since what I might be is uncontainable (2018), dont le titre est inspiré d’un poème de Dionne Brand. Au centre de la pièce, une collection de membres en plexiglas est regroupée autour d’une source de lumière qui projette leur forme sur les murs de la galerie. Les membres tronqués témoignent de la violence déjà engendrée et perpétrée contre des corps noirs à travers l’histoire. L’installation évoque ainsi les impulsions complexes et souvent contradictoires à la fois dans la perception du corps « racialisé » et dans la réalité vécue qui, paradoxalement, offre un sentiment de « parenté fondée sur des expériences partagées ».

Le jeu que propose Nnebe, entre l’opacité comme refus de présenter, représenter ou révéler pleinement, lui permet d’explorer d’autres stratégies pour la représentation visuelle de son corps. Elle nous invite à reconsidérer notre expérience face à l’autre et face à nous-mêmes.

 

— Anna Khimasia

 

 

Kosisochukwu Nnebe est une artiste nigérienne-canadienne. Utilisant la phénoménologie (l’étude de l’expérience) comme méthodologie, sa pratique vise à engager les téléspectateurs sur des questions de race et de genre, ainsi que sur la notion du pouvoir de manière à les sensibiliser par le biais de pièces interactives et d’installations. Son travail a été exposé au Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), à la Place des Arts, à la Station 16 et à Z Art Space à Montréal, au Studio Sixty Six à Ottawa, au Centre NIA à Toronto, à la Galerie d’art de Guelph et à la Galerie Mohr en Californie. Elle a donné des conférences sur sa pratique artistique et ses recherches dans des universités québécoises, notamment à Laval à Québec, puis à McGill et Concordia à Montréal. Nnebe a également animé des ateliers pour les jeunes à la Galerie d’art d’Ottawa et à la Redwood City High School en Californie. Elle est actuellement basée à Ottawa.

 

 

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