PASSÉ — CHLOË CHARCE

 

PRÉSENCES. MÉMOIRES D’ARCHITECTURE : CHLOË CHARCE

 

EXPOSITION DU 19 SEPTEMBRE AU 27 OCTOBRE 2018

RÉCEPTION D’OUVERTURE LE MERCREDI 19 SEPTEMBRE À 19H

 

 

Le corpus diffusé dans l’exposition présences. mémoires d’architecture résulte d’une réflexion conceptuelle entamée par Chloë Charce lors d’une récente résidence à Proyecto ‘ACE à Buenos Aires. L’artiste y propose des répliques formelles de portails du vaste cimetière de Chacarita érigé en 1871 suite à une dévastatrice épidémie de fièvre jaune. Les doubles, élaborés d’une matière réfléchissante — iridescente —, sont transposés à même les sépultures, confrontés aux originaux où ils sont ensuite captés photographiquement. Dès lors, les imitations agissent tels des négatifs en raison des effets de réverbérations qui rendent les reconstitutions de portails étincelantes. Effarantes et intrigantes tout à la fois, les formes ornementales affirment leur présence à travers les images vaporeuses et nébuleuses, sorte d’empreintes du temps trouées par l’oubli. 

 

 

« Comme Éphaïstos, dieu protecteur du feu et de la forge, jeté du haut de l’Olympe, je boite. Je peine à me déplacer sur ton bitume humide et abimé. Mes yeux s’abreuvent de tes contradictions.

Tes bruits urbains qui ne dorment jamais.

Tes ” r ” qui roulent et tes ” j ” qui jouent sur fond de tango, de Fernet et de volutes blanches.

Tes cafés inondés d’émotions fortes un jour de match.

Tes rues gorgées d’espoir et d’idéaux pour l’avenir des filles le temps d’une nuit de révolte.

L’inertie silencieuse de tes quartiers déserts proteste contre la main avide venue voler ton pain.

La résilience de ton peuple face au ressac du ” Nouveau Monde “. La rencontre improbable de l’Europe et de l’Amérique. Ville charnelle et magnanime, terre d’accueil qui exalte les paradoxes.

Buenos Aires. Je flâne en silence dans le dédale des sépultures de ta nécropole. Je tente de capter la lumière qui se pose sur tes épitaphes. J’observe ton architecture et immortalise tes portails faits de perles de fer. Ces témoins des âges coloniaux, du temps des cathédrales, symboles de passage, de transition entre le dedans et le dehors, d’ouverture et de fermeture sur le monde ; brèches subtiles entre l’univers des vivants et celui des morts ». 

— Chloë Charce 

 

 

Née en France et originaire des Laurentides, Chloë Charce vit et travaille à Montréal (Québec). Elle est titulaire d’un baccalauréat en arts visuels et médiatiques à l’Université́ du Québec à Montréal (UQAM) et poursuit une maitrise en studio arts à l’Université́ Concordia, en concentration sculpture. Son travail a été́ présenté́ lors d’une exposition solo au Centre d’exposition de Val-David (Laurentides) en 2013, ainsi que dans plusieurs évènements et expositions collectives, notamment en 2012, Latitude L à la Maison de la culture Côte-des-Neiges (Montréal) ; en 2011, Estiv’Art, organisé par le Musée d’art contemporain des Laurentides (Saint-Jérôme) et Art souterrain (Montréal). Elle est membre de l’Atelier Graff (Montréal), où elle a obtenu une résidence dans le cadre du projet Insertion. Elle a été́ commissaire invitée (en co-commissariat avec Guy Sioui Durand pour l’édition 2014) du Symposium international d’art-nature des Jardins du précambrien (Val-David, Laurentides) en 2013 et 2014.

 

 

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